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Liz Cherhal chante et signe

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Le Stella Auditorium a ouvert sa saison avec une prestation scénique surprenante : un concert “traduit” en langue des signes par la chanteuse Liz Cherhal, installée au Pallet.

La chanteuse Liz Cherhal est de ces artistes qui vous mettent tout de suite à l’aise, en exprimant simplement les choses de tous les jours. Dans ses chansons sensibles et narratives, Liz Cherhal raconte ses moments de vie, parfois pleins d’espoir, parfois difficiles. Le dernier album, Alliance, sorti en mars dernier, ne fait pas exception. Elle aborde les thèmes du couple, de la parentalité, de la sépa-ration. « C’est plus facile pour moi de parler de choses vé-cues. » Mais elle écrit aussi sur des sujets moins intimes. « Cela me demande plus de travail. Pour Sauvage, par exemple, dont le point de départ était le procès de Jac-queline Sauvage, j’ai passé des heures à la médiathèque.»

Liz Cherhal

Un spectacle chorégraphié

Dans son nouveau spectacle, elle a voulu introduire la langue des signes qu’elle apprend depuis cinq ans. « C’était une envie d’adolescente que j’ai mise de côté durant mes études. Mais c’est resté ancré en moi. » Des déplacements très chorégraphiés, une proposition visuelle différente à chaque morceau : le résultat est surprenant, « désarçon-nant pour certains », admet la chanteuse. Mais, l’étonne-ment passé, le public adhère, « justement parce que c’est différent de ce qu’il peut voir habituellement, parce que c’est un concert qui utilise l’espace, qui a besoin de res-pirer pour vivre ». Quant aux spectateurs malentendants, Liz Cherhal ne les voit pas encore beaucoup. « Ça com-mence à se savoir… Une personne est venue me voir à la fin d’un concert et elle m’a remerciée de penser à eux. » Liz est entrée dans la chanson à pas de velours. « J’ai eu une révélation lorsque j’ai commencé le théâtre au lycée. J’étais tellement bien sur scène ! » Elle continue à la fac et commence à se produire dans des formations musicales de copains. « Je dois beaucoup à mes parents qui nous emmenaient régulièrement à des spectacles. Cela ne m’a pas toujours parlé, mais grâce à eux, le spectacle a fait partie de mon quotidien. » Lorsqu’elle échoue, pour la deuxième fois, sa première année de sociologie, son père lui dit même : « Ne t’inquiète pas, tu seras chanteuse. » Finalement, elle a obtenu une licence de sociologie… avant de se lancer pleinement dans la chanson !

« La langue des signes est ancrée en moi depuis l’adolescence »